L’aponévrose plantaire

Definition
L’aponévrose plantaire (ou fascia plantaire) est un épais tissu élastique servant d’amortisseur à la plante du pied et contribuant à sa forme de voûte.
Elle se tend en éventail du talon vers les orteils. Elle fait partie d’un système complexe, le système suro-achilléo-plantaire, s’étendant du genou aux orteils.
L’aponévrose plantaire est le support passif de l’arche plantaire. Elle a également un rôle actif propulsif lors de la marche.
A chaque pas l’aponévrose tracte sur ses insertions et peut créer en cas de surcharge (d’effort, de poids…) des micro-déchirures, principalement centrées sur l’insertion calcanéenne.
Lorsque cette aponévrose plantaire est le siège d’une inflammation on parle d’aponévrosite plantaire (ou de fasciite plantaire) : c’est une affection fréquente.
L’épine calcanéenne est la conséquence de l’inflammation de l’aponévrose, mais n’en est pas la cause (elle ne « pique » pas). On ne la retrouve que chez la moitié des patients souffrant d’aponévrosite plantaire et on peut également la trouver chez des patients n’en ayant jamais souffert.
Une compression du nerf de l’abducteur du cinquième orteil par l’inflammation a été décrite par les anglo-saxons, pouvant expliquer les douleurs quasi névralgiques parfois décrites.

Les Causes :

▪ Sports : course à pied, sauts, sports d’équipe (volley-ball, basket), ski, danse…

▪ Surpoids

▪ Rétraction du triceps sural

▪ Métiers avec port de charges

Les conséquences :

▪ Douleur localisée sous le talon (talalgie), apparue sans traumatisme (sauf dans les ruptures de l’aponévrose), surtout le matin lors du premier lever, ou après une station debout prolongée, ou après le sport

▪ Sensation de « clou », brûlure ou tension

▪ La douleur peut être retrouvée à la palpation du talon

▪ Irradiation possible vers le mollet ou vers la plante du pied

Examens complémentaires utiles :

→ Radiographie de l’arrière-pied de profil en charge

→ Echographie spécialisée

Quelles sont les autres causes des talalgies (douleurs du talon) ?

▪ Rupture de l’aponévrose : après un traumatisme, perception d’un claquement ou d’une déchirure, intérêt de l’échographie pour le diagnostic

▪ Maladie de Ledderhose : fibromatose bénigne avec épaississement(s) nodulaire(s), équivalent de la maladie de Dupuytren à la main

▪ Tendinopathie d’insertion d’Achille

TRAITEMENT MÉDICAL

► Repos, glace

► Perte de poids si surpoids

► Auto-étirements (taloche de maçon)

► Kinésithérapie (stretching du système suro-achilléo-plantaire, massages transverses profonds)

► Anti-inflammatoires-non-stéroïdiens (AINS) par voie générale (comprimés), ou locale (cataplasmes, pommades, physiothérapie, infiltrations, rarement radiothérapie)

► Ondes de choc

TRAITEMENT PODOLOGIQUE

► Le traitement par orthèses plantaires

► Symptomatique : repos de la voûte plantaire, stabilisation du médio-pied et amortissement talonnier

► Etiologique : correction des troubles statiques (par exemple : affaissement plantaire, pieds plats-creux…), support de la surface plantaire de façon à réduire les stress sur l’aponévrose plantaire

TRAITEMENT PAR INJECTIONS DE CONCENTRÉ PLAQUÉTAIRE AUTOLOGUE PRP : « platelet-rich plasma »

Ce traitement consiste à extraire des facteurs de croissance à partir de votre propre sang. Pour cela une prise de sang est réalisée suivie de l’isolement et de la concentration des facteurs de croissance grâce à une centrifugeuse.

L’intérêt est d’apporter des facteurs de croissance directement dans la lésion pour permettre une cicatrisation. Le taux de réussite est de 70 à 80%. Contrairement aux injections de corticoïdes, ces injections ne fragilisent pas l’aponévrose plantaire.

Les inconvénients de cette méthode sont le coût non remboursé par la Sécurité Sociale, le risque infectieux et la douleur lors des différentes injections (jusqu’à 10 injections lors d’un geste). C’est pourquoi nous réalisons ces injections au bloc opératoire dans une atmosphère stérile et sous anesthésie.

Une immobilisation de 4 semaines est nécessaire.

TRAITEMENT CHIRURGICAL

Il est rare : il concerne moins de 10% des patients et encore moins depuis l’apparition des PRP. Il consiste en une désinsertion chirurgicale du tiers médial de l’insertion proximale de l’aponévrose plantaire en chirurgie ouverte, percutanée ou sous endoscopie.

Il ne cherche pas à enlever « l’épine » mais simplement à supprimer la tension de l’aponévrose.

Il est parfois utile de faire une désinsertion des muscles jumeaux pour détendre le système suro-achilléo-plantaire.

La neurolyse du nerf de l’abducteur du cinquième orteil a été décrite mais nécessite un abord chirurgical large.

TRAITEMENT DE FOND

Il est fondamental pour éviter la récidive.

Pour cela il faut pratiquer régulièrement des exercices d’assouplissement du tendon d’Achille ainsi que des muscles du mollet et du pied.

Pour la pratique sportive il faut choisir un chaussage adapté soutenant la voûte plantaire et absorbant les chocs ; augmenter graduellement les distances lorsqu’on fait du jogging et éviter de courir longtemps sur des terrains en pente et sur des surfaces dures ou inégales.

Les orthèses plantaires permettent de diminuer les tensions sur certains pieds mal équilibrés (creux, plats…).

Il faut également maintenir un poids idéal.