Risques et complications

L’infection nosocomiale

Il s’agit le plus souvent d’une infection superficielle n’entraînant qu’un retard de cicatrisation. L’infection profonde, osseuse ou articulaire, est une complication rare mais grave. Ce risque est minimisé par les précautions pré opératoires (douches et hygiène) et per-opératoires (administration d’antibiotiques lors de l’intervention). Le risque infectieux relève aussi de facteurs individuels : défaut d’hygiène corporelle, tabagisme, alcoolisme, obésité, dénutrition, diabète déséquilibré, lésions cutanées, infection urinaire, mauvais état dentaire, antécédent d’infection des os et des articulations, rhumatisme inflammatoire, maladie systémique, maladie dys immunitaire, traitement médicamenteux : corticoïdes, immunosuppresseurs, chimiothérapie …

Le rejet de points de suture est une complication anodine qui se traduit par un gonflement très localisé de la peau qui peut prendre un aspect inflammatoire. Cet événement est fréquement confondu avec une infection. Il peut y avoir une évacuation d’un liquide à l’aspect de pus mais sans réelle infection. Cela nécessite des soins antiseptiques locaux mais pas de prise systématique d’antibiotique. L’évolution de ce type d’événement est rapidement résolutif sans séquelles.

L’infection au niveau du matériel implanté (vis, broche, plaque … ) à partir d’un foyer infectieux à distance (dentaire, ORL, urinaire, cutané…) est exceptionnel dans la chirurgie du pied et de la cheville. Seul la prothèse totale de cheville pou être sensible à ce risque.

La phlébite et l’embolie pulmonaire

La chirurgie des membres inférieurs expose au risque de formation d’un caillot de sang dans une veine (phlébite), lequel peut migrer dans les poumons et engendrer une embolie pulmonaire. La prévention du risque de phlébite repose sur un traitement anticoagulant parfois prolongé en cas de facteur de risques dont  le tabagisme, les contraceptifs oraux, l’hormonothérapie substitutive de la ménopause, les antécédents personnels ou familiaux de phlébite, l’insuffisance veineuse, les varices, l’obésité, les troubles de la coagulation et certaines affections (insuffisance respiratoire, insuffisance cardiaque, maladie inflammatoire, maladie neurologique, cancer, syndrome néphrotique, polyglobulie, thrombocytose, hyperhomocystéinémie, syndrome des anti phospholipides).

L’hématome et le risque hémorragique

Le saignement inhérent à toute intervention chirurgicale peut lorsqu’il est abondant, entraîner la formation d’ecchymoses ou « bleus » se résorbant et donc sans conséquence, mais parfois aussi celle d’un hématome (poche de sang). L’hématome peut comprimer des vaisseaux, des nerfs ou faire le lit d’une infection et nécessite souvent son évacuation. Les facteurs de risque hémorragique sont les traitements anticoagulants (Aspirine, Kardégic, Plavix, Préviscan, Sintrom…) et certaines affections (thrombopénie, thrombopathie, hémophilie, maladie de Willebrand, insuffisance hépatique, hypovitaminose K …) qui doivent être signalés lors de la consultation d’anesthésie,

L’ischémie

C’est la formation d’un caillot à l’intérieur d’une artère. C’est un événement exceptionnel qui entraîne un défaut de vascularisation des tissus ou pouvant conduire à une nécrose (« mortification » ou « gangrène ») des tissus. Cette complication se produit le plus souvent sur un terrain prédisposé: artérite (artères sont en partie obstruées) tabagisme, diabète, antécédents d’artérite des membres inférieurs, antécédents d’infarctus du myocarde ou d’angine de poitrine, antécédents d’accident vasculaire cérébral, vascularites inflammatoires, chirurgies répétitives sur le même site opératoire…

Les troubles de la cicatrisation cutanée

Les retards de cicatrisation nécessitent des pansements locaux prolongés et peuvent etre consécutifs à un hématome, une infection superficielle, une reprise trop précoce des activités ou un trouble de la cicatrisation cutanée dont les facteurs de risques sont le tabac, l’obésité, le diabète, l’artérite, les neuropathies périphériques, les rhumatismes inflammatoires, les maladies systémiques, les traitements immunosuppresseurs, les traitements corticoïdes, les infiltrations locales de cortisone…

Le rejet de points de suture est une complication anodine qui se traduit par un gonflement très localisé de la peau qui peut prendre un aspect inflammatoire. Il peut y avoir une évacuation d’un liquide à l’aspect de pus mais sans réelle infection. Cela nécessite des soins antiseptiques locaux mais pas de prise systématique d’antibiotique.

Les cicatrices hypertrophiques ou chéloïdes, cicatrices larges et épaisses, sont la conséquence soit d’un retard de cicatrisation soit d’une prédisposition qui doit être signalée lorsqu’elle est connue. Des traitements locaux peuvent tenter de prévenir cette complication au caractère principalement inesthétique, plus rarement douloureux.

L’algodystrophie

L’algodystrophie est une réaction inflammatoire conséquence d’un traumatisme, tel qu’une fracture, une intervention chirurgicale, voire un traumatisme uniquement psychologique. C’est une complication qui peut se rencontrer dans tout type d’intervention chirurgicale portant sur les membres, la main et le pied étant les plus affectés. L’algodystrophie se traduit par des douleurs à la marche comme au repos, un œdème, des paresthésies (sensations de picotements, de chaud ou de froid, de brûlure), des troubles vaso-moteurs avec une coloration violacée du pied … Ces symptômes débordent largement la zone opératoire, ils intéressent l’ensemble du pied jusqu’à la cheville et parfois jusqu’au genou.

Il n’y a pas de traitement spécifique de l’algodystrophie en particulier médicamenteux. Son évolution est longue s’étendant sur plusieurs mois voire une année. La récupération est en général complète mais peut laisser quelques raideurs ou douleurs séquellaires.

La douleur

Le risque de douleur résiduelle (risque algogène) est inhérent à tout type d’intervention chirurgicale, faisant suite ou non à une algodystrophie. La douleur normale dans les suites immédiates d’une chirurgie, peut se prolonger dans le temps et à l’extrême persister en séquelle. L’algodystrophie et le risque algogène sont en général favorisés par des affections prédisposantes: les antécédents d’algodystrophie, la fibromyalgie, le syndrome de fatigue chronique, la dépression , la spasmophilie, le syndrome des jambes sans repos, les affections neurologiques et certaines maladies psychiatriques.

La lésion nerveuse ou tendineuse

La blessure d’un nerf n’affecte pas le mouvement en général mais sa sensibilité de façon plus ou moins définitive. Elle est à distinguer d’un engourdissement  passager, normal dans les suites opératoires. Elle peut entraîner la formation d’une cicatrice nerveuse appelée « névrome » qui est en général douloureux.

La blessure d’un tendon entraîne une perte de mouvement volontaire de l’orteil, dont les conséquences peuvent justifier une nouvelle intervention.

Les complications osseuses

Une ostéotomie, ( fracture réalisée par le chirurgien), doit évoluer vers la consolidation osseuse dans un délai moyen de 1mois 1/2 à 3 mois. Cette évolution peut être émaillée de complications : Le retard de consolidation a peu de conséquence hormis la persistance de douleur jusqu’à la consolidation complète.

La pseudarthrose est une absence de consolidation osseuse 6 mois après l’intervention, elle nécessite une nouvelle intervention pour faire cicatrisé l’os.

Le cal vicieux est la consolidation d’une ostéotomie dans une mauvaise position. Le cal vicieux est en général la conséquence d’un déplacement osseux après l’intervention et avant l’obtention de la consolidation osseuse. Le défaut d’alignement osseux peut être sans conséquence s’il est minime. Si il est important il faudra envisager une reprise chirurgicale pour replacer les pièces osseuses en bonne place.

L’ostéonécrose est un défaut de vascularisation qui aboutit à une nécrose osseuse (mort de l’os), avec en conséquence une déformation articulaire puis une arthrose. C’est un événement exceptionnel dont les facteurs de risques sont les même que ceux de l’ischémie.

Le risque de complication osseuse est conditionné par les difficultés techniques éventuelles lors de l’intervention, mais aussi les qualités de l’os. Les principaux facteurs de risques sont le tabagisme, l’alcool, l’obésité, la dénutrition, l’ostéoporose, le déficit en vitamine D, les antécédents de rachitisme, le diabète, les traitements par corticoïdes, l’hyperparathyroïdie, l’artérite, l’anémie.

La raideur articulaire

Lorsque la chirurgie épargne les articulations, les mobilités articulaires sont préservées. Néanmoins le risque de raideur articulaire est une complication possible qui peut affecter la fonction du pied ou de la cheville. La raideur peut être constitutionnelle ou consécutive à une algodystrophie, à une arthrose associée, à une ostéonécrose, à des douleurs prolongées post opératoires ou à une forte appréhension entraînant un retard dans la récupération de la marche.

Le « rejet » du matériel

Le rejet des vis constitue souvent une gêne au chaussage et nécessite l’ablation du matériel, sous anesthésie loco régionale, en ambulatoire, suivi d’une reprise immédiate de l’appui.

La fracture de matériel implanté est un événement sans conséquence, non douloureux la plus part du temps et son ablation n’est pas obligatoire.

L’allergie aux métaux est une complication rare et souvent connue des patients qui présentent déjà des réactions allergiques lors du port de bijoux en métal non précieux.